Neurones et science : entre maladie et guérison

Publié le 14 Juin 2013

NEUROLOGIE : Les neurones repoussent après une lésion 

 

Il y a cinq ans, trois équipes de recherche avaient découvert chez le rat la présence d’une famille de protéines qui bloquent le développement des neurones. Dénommées Nogo, ces molécules empêchent les neurones de se ramifier, pour former des prolongements appelés axones, qui conduisent l’influx nerveux.

 

Quelque temps plus tard, d’autres chercheurs ont eu l’idée de bloquer l’action de ces protéines dans le cerveau de rats atteints d’une lésion de la moelle épinière. Cette expérience vient d’être renouvelée, cette fois chez un animal plus proche de l’homme, le macaque. Une lésion de la moelle épinière a été pratiquée chez ces animaux au niveau des vertèbres du cou, conduisant à une paralysie de la main. Puis un anticorps capable d’inactiver la protéine Nogo-A leur a été administré.

 

Résultats : les macaques ont peu à peu retrouvé l’usage quasi-complet de leur main. En poussant plus loin leurs analyses, les chercheurs ont même pu constater que sur le site même des lésions cervicales, les axones des neurones avaient pu repousser. Cette expérience confirme donc les résultats obtenus chez les rongeurs et démontre que l’utilisation d’anticorps dirigés contre Nogo-A peut permettre une récupération fonctionnelle après une lésion de la moelle épinière.

Reste maintenant à démontrer l’innocuité d’un tel traitement chez l’homme.

 

Source : Nature Medicine, juillet 2006

 

(Source : RECHERCHE & SANTÉ N°109) Soutenir la Fondation pour la Recherche Médicale

http://www.frm.org

 

 

LES NEUROSCIENCES : Un monde en pleine effevescence!

(Source, article : Notre temps, N°521, mai 2013)

 

Mémoire, intelligence, émotivité, ...

 

Notre mystérieuse boîte crânienne dévoile peu à peu ses secrets. D'abord décrite chez l'animal (oiseaux, rongeurs, primates, ...), la neurogenèse, c'est-à-dire la capacité du cerveau à fabriquer de nouveaux neurones tout au long de la vie, a finalement été démontrée chez l'homme relativement récemment, en 1998, par des chercheurs suédois et américains dirigés par Peter S. Eriksson.

 

Une découverte qui a donné l'espoir de nouveaux traitements des maladies telles qu'Alzheimer ou Parkinson. Une autre étude du département de psychologie de l'université de Pittsburg en 2009, a montré que la gymnastique du type fitness améliore le fonctionnement de la mémoire en augmentant le volume de l'hippocampe (partie du cerveau en jeu dans la mémorisation).

 

De son côté, une équipe de l'université de Californie, à Los Angeles, a observé, grâce à l'imagerie par résonance nucléaire, que des activités de loisir (jardinage, vélo, danse, ...) accroissent cette fois le volume de substance blanche du cerveau, qui intervient dans la diffusion des informations dans le système nerveux.

 

En 2012, une étude de l'institut des neurosciences de l'université de Californie (Berkeley) constate l'intérêt de la pratique d'activités stimulantes tout au long de la vie (lecture, écriture, jeux, ...) pour empêcher ou ralentir les dépôts d'une substance impliquée dans la maladie d'Alzheimer.

 

La France est à la pointe des neurosciences, avec l'institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM) de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Cette fondation réunit des malades, des médecins, et des centaines de chercheurs internationaux qui mêlent recherche fondamentale et application clinique, pour accélérer l'accès aux nouveaux traitements.

 

Pour en savoir plus : Fondation pour la recherche sur le cerveau, www.frc.asso.fr, et Fondation pour la Recherche Médicale, www.frm.org

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